La Préciosité

C'est une mode apparue au XVIIe siècle. Ce mouvement plutôt féminin est en fait une exagération du raffinement, poussé à l'extrême, en réaction aux mœurs grossières de la cour d'Henri IV (Roi de l'époque jusqu'en 1610). Les Précieux cultivaient le « bel esprit » en critiquant des œuvres et en inventant des jeux littéraires lors de réunions mondaines, se prenant ainsi pour des critiques littéraires en cherchant à se distinguer et se faire remarquer. (Ils étaient très vaniteux.) Ces petits groupes de personnes se retrouvaient souvent dans des salons, les plus connus étant ceux de l'hôtel de Rambouillet (ex: la « chambre bleue » tenu par la Marquise de Rambouillet, qui recevait toute l'élite parisienne de l'époque).

 Les Précieux de la cour portaient des perruques, de la poudre, se maquillaient fortement mais l'une des principales caractéristiques de ce mouvement est l'exagération de la manière d'être , passant surtout à travers le langage: en effet, ils utilisaient beaucoup de périphrases pour s'exprimer, (ex: « les commodités de la conversation » pour un fauteuil; « conseiller des grâces » pour un miroir) des métaphores ou encore des exagérations avec l'emploi de superlatifs comme « furieusement »; « effroyablement »; « terriblement » etc. Ils employaient également des genres brefs tels que le portrait, la maxime (sorte de proverbe), le blason (poème qui fait l'éloge de la beauté ou de la laideur en déclinant les parties du corps) mais aussi des romans fleuves aux intrigues amoureuses (héroïne enlevée, chevalier déguisé etc.)

 Le mouvement Précieux est aussi un art d'aimer qui se rapproche de l'amour courtois du Moyen-Age. Il donne un rôle central aux femmes et fait l'écho de leurs revendications. Les Précieuses rejetaient le mariage forcé et voulaient choisir leur amant, elles revendiquaient également le droit au savoir (philosophie par exemple + voir Les Femmes Savantes de Molière).

 La critique du mouvement Précieux: Ce mouvement fut beaucoup critiqué et tourné en ridicule surtout par Molière et Jean de la Fontaine dans Les Précieuses ridicules (1658-59) et La Fille, mais surtout dans Les Femmes Savantes de Molière, que nous avons étudié, où Armande est une femme Précieuse prônant le savoir et rejetant le mariage forcé.