Les Lumières

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Les Lumières

 

               Que sont les Lumières ?

        → Un mouvement européen

   L'époque des Lumières correspond (au courant de pensée européen qui s'est développé) au XVIIIème siècle entre la fin du règne de Louis XIV (1715) et la Révolution française (1789). L'image de la lumière explique l'ambition de ceux qui veulent apporter la raisonsur les territoires de l'obscurantisme, et ainsi contribuer au bonheur de l'humanité comme le dit cet article de l'Encyclopédie: « Le philosophe dans ses passions mêmes, n'agit qu'après la réflexion ; il marche la nuit, mais il est précédé d'un flambeau. »

 

       Le poids de l'histoire                                                                                                       

      Les Lumières apparaissent comme un héritage des valeurs de l'humanisme du XVIème siècle : curiosité, foi de l'homme, réflexion sur l'éducation, esprit critique et tolérance.  Mais l'autre facteur est historique et politique : il est question du poids de la monarchie absolue et de l'essor économique de la bourgeoisie. Alors que s'écroule le règne de Louis XIV, celle-ci est à la recherche d'un autre ordre économique et de plus de libertés. En 1685, lors de la révocation de l'Édit de Nantes qui chassent les protestants hors de france, elle dénoncera le double coup porté à la tolérance et à l'économie du pays. Plus tard, c'est elle qui fournira le gros des bataillons des philosophes.Comptent aussi les avancées réalisées dans les sciences et dans les découvertes ; dans les académies ou dans le cabinet des physiciens et des botanistes, le monde s'ouvre désormais à la connaissance. Deux nouvelles certitudes apparaissent : celle d'une perfectibilité infinie, relayée par le mythe du progrès, et celle du relativisme, produit de la confrontation de l'Europe avec d'autres cultures.

 

         L'esprit des Lumières

   Une révolution de la pensée

       Le mode de pensée est celui de l'esprit philosophique : « (Le philosophe) prend pour vrai ce qui est vrai, pour faux ce qui est faux, pour douteux ce qui est douteux et pour vraisemblable ce qui n'est que vraisemblable » (Encyclopédie, article PHILOSOPHE.) Les   Lumières ne se résument pas à des œuvres, à des combats, ou à des noms de philosophes. Ce qu'elles sont avant tout, c'est une révolutionde la pensée : avec elles, vient le temps où l'on ne regarde plus le monde (celui de la physique ou celui de la géographie) comme un territoire impénétrable, où l'on pense que l'homme n'est plus nécessairement le jouet de sa destinée, où l'on croit que le bonheur est désormais envisageable ; le temps où, comme le dit le philosophe Helvétius (1715-1771) : « Il est utile de tout dire et de tout penser. » Les hommes et les femmes des Lumières sontaudacieux dans ce qu'ils entreprennent, ils sontconfiants dans leurs pouvoirs de la raison et ils sont animés d'un indéfectible amourpour l'humanité.

 

             → Un principe

       Le principe, c'est celui de l'exercice critique de la raison : « Cette raison approfondie et épurée que plusieurs ont répandue dans leurs écrits et dans leurs conversations, a contribué beaucoup à instruire et à polir la nation : leur critique […] a détruit tous les préjugés dont la société était infectée » (article GENS DE LETTRES). L'esprit des Lumières, qui refuse la soumission aveugle à l'autorité et l'adhésion à des croyances qui n'ont pas été passées au crible de la raison, revendique ainsi l'autonomie du jugement et redonne à l'homme toute sa place et toute sa dignité.

        

               Critiques et revendications

       Il s'agit de refuser les excès des religions qui imposent leurs dogmes : l'obscurantisme, le fanatisme, l'intolérance, les superstitions (Voltaire). Autre refus : celui d'un régime autoritaire et contraire aux libertés, qui inflige la censure par le système du privilège (Diderot), la torture dans ses tribunaux et qui enferme dans l'ignorance ses sujets privés d'éducation (Condorcet, Rousseau) ; celui des guerres injustes aux populations (Voltaire)....

      Les revendications, elles, touchent aux libertés et aux droits : liberté d'imprimer, de penser (Beaumarchais), de croire – et même de ne pas croire ( d'Holbach), droit à la connaissance (l'Encyclopédie) ou droit de circulation. Résumer cette philosophie, c'est parler de la quête du bonheur.

 

            Une littérature de combat

   Le philosophe va être en première ligne de ce combat. A l'image de Voltaire ou de Diderot, il renouvelle la littérature en se frottant à tous les genres : conte philosophique, dialogue, essai, pamphlet, correspondance ou dictionnaire....

Aucun moyen n'est négligé pour toucher les lecteurs : l'ironie, la satire ou le ton didactique ; tous les publics sont visés : ceux des salons littéraires ou les souscripteurs de l'Encyclopédie....

Sans compter qu'il faut aussi déjouer les pièges d'une censure omniprésente et trouver hors de France les imprimeurs et les diffuseurs qui voudront prendre le risque d'une édition.

       Les enjeux de ce combat dépassent le XVIIIème siècle : ils ont été fondateurs de notre propre société : « Ce qui caractérise le philosophe et le distingue du vulgaire, c'est qu'il n'admet rien sans preuve, qu'il n'acquiesce point à des notions trompeuses et qu'il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux. Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j'espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n'y gagneront pas. Nous aurons servi l'humanité.» (Lettre de Diderot à son amie Sophie Volland du 26 septembre 1762, à propos de l'Encyclopédie.)

 

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