Texte 1 : La Fontaine, Les femmes et le secret

Texte 1 : La Fontaine, Les femmes et le secret

La Fontaine, Les femmes et le secret.

 

 

La mise en scène d’un stéréotype sur la femme par La Fontaine :

1)      Cliché de la femme bavarde et crédule :

a)      La femme au cœur de ce texte

Présence de la femme dans ce texte :

-          Champ lexical de la femme : « les femmes, aux Dames, femmes, elle, la femme.. »

-          Insistance avec la répétition de « femmes »

Les femmes présentées de manière péjorative :

Dans cette fable, les femmes sont ridiculisées et rabaissées : « neuve », « crut la chose », « indiscrète », « peu fine »… Les femmes sont décrites comme stupides, crédules.

Et le tout accompagné de préjugés misogynes qui rappellent une condition inférieure « me ferait battre »

b)      Cliché de la femme commère, incapable de tenir un secret.

 

-          Titre binaire qui met la femme et la parole au centre du texte « les femmes et le secret ».

-          Opposition du champ lexical du silence : « se taire », « un secret », « gardez bien de le dire », « n’en parlez pas » (impératif qui montre l’importance de garder le secret) à celui du champ lexical de la parole : « répandre », « bouche en bouche », « raconter », « publier ».

-          Propagation de la rumeur et exagération de celle-ci « un », « trois », « quatre »,  « cent ». Les femmes sont dans l’excès.

 

c)       Généralisation du cliché.

 

-          Le cliché est appliqué à toute les femmes avec l’utilisation de vérité générale « rien ne pèse tant qu’un secret, le porter loin est difficile ». Le cliché est dont accentué accentué car il est ouvert de toute la condition féminine : exagération de l’auteur.

 

2)      La mise en scène d’une situation grotesque.

a)      Le comique d’une situation incroyable.

-          Le mari joue avec la naïveté de se femme en inventant une situation des plus grotesque : Le mensonge est peu crédible, sauf pour une femme stupide. Vision d’un mari mensonger et manipulateur.

-          Burlesque : la mari, à l’instar d’une poule (-> animalisation avec le champ lexical de la poule « œuf », « pondu », « poule ») mime un accouchement « j’accouche », « on me déchire ».

-          Double confusion : homme -> animal, homme -> femelle + néologisme « pondeur »

b)      Vivacité du récit

-          Comique de situation comme au théâtre, on a l’impression que la scène se déroule sous nos yeux.

-          Vivacité des parties dialoguées : interjection « a », vocatif « ô dieux », ponctuation forte !?, monosyllabe. Alternance des parties narrées et dialoguées pour rendre la fable plus vivante + alternance des mètres employés (alexandrins, octosyllabes, décasyllabes).

-          Construction de la fable : morale au début, exemple qui illustre le premier vers donc dynamique.

c)       L’ironie de l’auteur

 

-          La fable porte sur un cliché, mais on peut se demander comment se positionne l’auteur. Ironie « et puis-je je ne sais même sur ce fait bon nombre d’hommes qui sont femmes ». Pose la confusion homme femme. La mari est tout de même présenté comme un menteur, violent de surcroît. Une seule présence du « je » qui marque l’ironie de la fable et puis la complicité avec le lecteur.

 

Notion de « placere et docere » :

1)      Une fable divertissante : placere.

a)      Esthétique de la variété

Utilisation de mètres différents (octosyllabes, décasyllabes et alexandrins)

Alternance narration/dialogue

Rythme accéléré (ponctuation forte, monosyllabes, interjection…)

=un récit plaisant car rythmé et dynamique

b)      Mise en scène d’une situation grotesque

Comique de situation

Mensonge du mari, animalisation, confusion..

+crédulité de la femme

2)      Une fable pour instruire : docere

a)      Construction de la fable

Morale au début puis exemple généralisé des femmes bavardes. Champ lexical de la femme + portrait négatif

Champ lexical de la parole (secret ≠ diffusion du secret + hyperbole)

b)      Ironie de l’auteur

« je sais bon nombre d’hommes qui sont femmes »

Visée didactique : ne pas s’arrêter aux clichés.