Texte 4 : Au bonheur des Dames, Zola

Séquence 1 : argumentation

PLAN DETAILLE DU TEXTE 4 : Au bonheur des Dames, Zola, 1883, Extrait du chapitre III

 

   Le XIXème siècle est marqué historiquement  par la révolution industrielle et les débuts d’une société fondée sur la consommation. Les grands magasins, innovation du Second Empire, détruisent peu à peu les petits commerces participant à ce nouveau mode de fonctionnement capitaliste. C’est ce que Zola, chef de file du mouvement naturaliste, décrit dans Au bonheur des Dames. De manière réaliste, il retrace le fonctionnement de cette « mécanique » industrielle où les femmes sont au centre. De quelle manière Zola dénonce-t-il la société de consommation à travers le commerce des femmes ? Dans un premier temps nous étudierons la stratégie commerciale proposée par Mouret, puis nous verrons, comment les femmes, attirées par l’achat, sont prises au piège d’une mécanique fatale et exploitées.

               

I-La présentation d’une stratégie

                                                                      

  1-Une stratégie « secrète » élaborée entre hommes

 

-Discussion entre Mouret et le Baron Hartman qui prend une tournure confidentielle : « phrases dites  à l’oreille », « confidences amoureuses », « expliquer », « secret », « comprenait »…

Vocabulaire de la parole

-Position particulière des deux hommes : Mouret explique, position de supériorité (« l’inventeur ») alors que le Baron est en position d’écoute et de compréhension(« il clignait des  yeux d’un air d’intelligence »). Métaphore/Comparaison : cette explication de la stratégie commerciale est comme une discussion secrète ayant pour sujet l’amour.

-Le texte s’ouvre et se ferme, comme un secret, autour des mêmes mots « en quelques phrases dites à l’oreille » / « il devinait le reste », « intelligence »…) qui élaborent une stratégie où ma femme sera au centre.

 

  2-Les femmes au centre de la stratégie commerciale

 

-Forte présence de la femme tout au long du texte : « la femme », « elle », « les femmes ». Répétition de ces termes. Phrase emphatique (emphase * = procédé de mise en relief ) : « c’était la femme que les magasins se disputaient » (≠phrase « normale » : les magasins se disputaient la femme >>> ici, procédé d’emphase pour mettre en relief le terme « femme »).

-Généralisation : au début du texte, singulier « la femme » puis fin du texte « les femmes ».

3-L’achat comme une tentation insurmontable dans laquelle tombent les femmes

-Isotopie de la séduction et de la tentation : « attire », « nouveaux désirs », « séductions plus grandes », « succombaient fatalement », « séductions plus grandes »… Parallélisme entre l’amour et le commerce > le commerce attire, séduit la femme qui tombe dans le piège de ses passions.

-Gradation : « cédant d’abord à des achats de bonne ménagère, puis gagnée par la coquetterie, puis dévorée ». Adverbe : « d’abord », « puis », « puis » pour montrer les étapes de la gradation, bien organisée.

D’abord les femmes font des achats utiles et nécessaires, puis elles se perdent dans les futilités.

 

II- Une « mécanique » fatale dans laquelle les femmes ne peuvent s’échapper

 1-Les femmes prises au piège d’un système

-Les femmes sont présentées comme des proies : champ lexical de la chasse « se disputaient », « ils prenaient », « piège », « l’avoir étourdie », « succombaient »… Les femmes sont considérées comme des animaux destinées à être « mangées » ( ligne 19), « dévorées » (ligne9).

-Plusieurs étapes : d’abord « attirées », puis prises au «piège » , puis « dévorées » . Création d’une « mécanique à manger les femmes ». Inhumanité du commerce. Ici, critique de Zola=dénonce le système capitaliste.

- Femmes portées aux nues pour mieux la prendre au piège. De nombreux termes font référence à l’élévation : « grand », « plus haut que », « sommet »…

2-La fatalité de cette exploitation

-Prises au piège de leurs propres désirs, les femmes sont condamnées. Vocabulaire en lien avec la fatalité et la mort « dévorée »,  « succombait fatalement », « ravageaient »… Nous sommes presque dans une tragédie où les femmes ne peuvent se sortir de cette « mécanique ». Elles sont comme le jouet du destin, destin tracé par les hommes et qui les conduit à une fin funeste.

-Femmes vues comme des objets « ayez donc les femmes…vous vendrez le monde » = hyperbole qui marque le fait que les femmes sont instrumentalisées. Elles ne peuvent plus réfléchir par elles-mêmes.

-Cette exploitation les rend folles « détraqué les nerfs » // tragédies.

                III-Un texte réaliste

1-Les bouleversements économiques du XIXème siècle

-La femme est au centre du système capitaliste, comme un élément moteur. Vocabulaire économique traduisant les bouleversements liés à la révolution industrielle : « grand commerce moderne », « capital », « marchandises », « bon marché » , « marque en chiffres », « magasins », «  dépenses », «  luxe »…Zola est un auteur naturaliste, traduit fidèlement, presque historiquement la période du second empire.

2- La mode comme une nouvelle religion : le capitalisme

-Hyperboles : « la femme était reine », « il lui élevait un temple, la faisait encenser…créait le rite d’un culte nouveau ».  Les stratégies vont faire croire aux femmes qu’elles sont supérieures, que tout leur est dédié. L’achat est comparé à un « rite », un »culte » > vocabulaire de la religion. Le commerce est la nouvelle religion du XIXème siècle. Les femmes sont manipulées, elles sont conditionnées à acheter.

3-Un monde tourné autour de l’argent

-Isotopie de l’argent. Le but est de « vider la poche » des femmes. « Mépris » de l’homme pour les femmes.

-On ne trouve aucun vocabulaire lié aux relations humaines ni aux sentiments. L’argent a dépassé l’Homme. « Vous vendrez le monde » >tout est à vendre, y compris les personnes.

 

 

 

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