Texte 5 : La femme gelée, Annie Ernaux, 1981, extrait

Texte 5 : La femme gelée, Annie Ernaux, 1981, extrait

 

La femme gelée a été écris en 1981 par Annie Ernaux qui s’inspire de sa vie pour écrire ses œuvres, évoquant la place et la condition de la femme dans la société.  Ce texte contemporain dénonce les limites de l’émancipation de la femme gelée prise dans les glaces malgré toutes les évolutions des années soixante. Nous allons voir quelle est la place de la femme dans le couple. Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à la peinture d’une réalité quotidienne injuste, puis des principes idéaux aux stéréotypes.

I) La peinture d’une réalité quotidienne injuste       

1. L’importance accordée à la cuisine

• Champ lexical de la nourriture : « compte-minute » ligne 6, « cocotte » ligne 8, « potage » ligne 8, « cuisine » ligne 15, « patate » ligne 17, etc …

→ Place importante de la cuisine dans la vie quotidienne

• « Midi et soir » ligne 10 → Action répétitive, le quotidien est monotone, solitude de la femme

• « Efforcée d’être la nourricière » ligne 35 → Pour survivre, son mari a besoin d’elle, il est dépendant de sa femme.

2. La place cruelle de la cuisine  dans la vie des femmes

• « Les casseroles » ligne 10 → Grosse masse, la femme est débordée

• Accumulation  des aliments « des œufs, des pâtes, des endives » ligne 20 → Pour montrer tout son travail, accumulation croissante

• Langage familier : « bouffe » ligne 21 ; « petit pois cramés » ligne 34 → Montre la cruauté du quotidien

• Phrase averbale, nominale : « Moi. » ligne 9, « Par la dinette » ligne 6 → L’énervement, phrase non cohérant qui montre sa vie.

• Foule de matériel qui va envahir son quotidien et l’empêcher de s’épanouir.

II) Des principes idéaux aux stéréotypes

1. L’idée du couple parfait

• Au début du texte, image du couple parfait

• Mots qui traduisent l’union et l’entente : « image attendrissante du jeune coup le » ligne 2-3, « le rire, l’entente » ligne 26

• Pronoms personnels : répétition du « nous » → Mise en avance, insistance

•Adverbe : « ensemble » ligne 2, « unis, pareil » ligne 6 → Impression de fusion au début du texte

• « Il m’encourage » ligne 46 → « il » Sujet, il dirige le verbe (cela désigne l’Homme)

                                                          « m’ » Cod, sujet (cela désigne la femme)

La femme est en position de faiblesse qui n’est pas si idéal → égalité théorique, mais non appliqué, l’égalité est censée être dans les études, intellectuelles, les tâches ménagères…

• « Qui pourrait encore m’attendrir si je me laissais faire, si je ne voulais pas chercher comment on s’enlise, doucettement. » ligne 3 et 4 → « si » désigne l’hypothèse, phrase ironique qui casse le couple moderne (égalitaire)

• « La cocotte-minute, cadeau de mariage si utile vous verrez, chantonne sur le gaz. » → Phrase de transition

2. Une égalité se forme à cause de modèles familiaux

• « L’aberration,  le couple bouffon »  ligne 16 → Elle utilise un discours rapporté (ce que pense son mari)

• Opposition : Son père à elle (famille modeste) qui était alors le plus moderne ; Son père à lui (milieu social plus haut, « monsieur père » ligne 18) qui reste dans les stéréotypes.

• Mépris et dérision de son modèle à elle : « le couple bouffon » ligne 16

• « Monsieur père laisse son épouse s’occuper de tout dans la maison » ligne 18 → le mari est cultivé et la femme ménagère

• Reproduction du schéma familial, le mari va passer avant, il y a une hiérarchie supérieur, il est avant la femme.

3. l’image de la femme gelée

• « Pourquoi […] constitutionnel » ligne 13-14-15 → Ce texte va montrer comment la femme est gelée, elle est conditionnée par la société

• « Je me dilue, je m’engourdis » ligne 44, « s’enlise » ligne 4 → Idée d’une prise de conscience, évoqué l’idée de la femme prise au piège

• Désintérêt progressif pour ses études → Passage de la révolte à l’acceptation

• « Mes buts d’avant se perdent dans un flou étrange » ligne 41 → Elle perd sa confiance et sa personnalité

• Elle se traite elle-même d’ « emmerdeuse » ligne 26 ;  elle se culpabilise de ne pas arriver à tout faire

•  « Malhabile », « flemmarde » ligne 28 → Vocabulaire péjoratif, elle craque car elle n’arrive pas à tout faire

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