TEXTE 3 ACTE I SCENE 3: Elvire Révoltée

TEXTE 3 ACTE I SCENE 3: Elvire Révoltée

TEXTE 3 : ACTE I SCENE 3 : ELVIRE REVOLTEE

Après avoir vu Dom Juan au travers des yeux de Sganarelle (Acte I scène 1), Dom Juan faisant son autoportrait en tant que libertin (acte I scène 2), l’acte I scène 3 nous met en présence de l’unes de ses victimes : Don Elvire. Dom Juan l’a enlevé d’un couvent, épousé, puis abandonné. Comment Don Elvire dénonce-t-elle la conduite cruelle d’un libertin qui l’humilie une fois encore ? Dans un premier temps, nous verrons qu’Elvire est une héroïne tragique, puis nous verrons le portrait d’un infidèle.

 

I .Elvire une héroïne

Nous sommes dans une comédie, or Elvire est un personnage tout sauf comique. Elle se rapproche beaucoup plus d’un personnage de tragédie car elle suscite la compassion du spectateur.

                1.Elvire un personnage digne malgré sa souffrance

-Elle reste digne alors qu’on s’attendrait à quelque chose d’autre, elle utilise des formules de politesses « Me feriez-vous la grâce », « puis-je au moins espérer que vous daigniez », « parlez Dom Juan je vous pris »

Elle garde un ton calme et courtois, elle maitrise ses émotions car elle ne veut pas s’abaisser à montrer sa douleur à Dom Juan

Rythme : semble indiquer une maitrise des émotions mais--> pas de ponctuation forte≠ d’un rythme haché, heurté

Elle utilise tout de même l’ironie pour se détacher « je ne serais bien aise pourtant d’ouïr de votre bouche les raisons de votre départ » : elle sait qu’il n’y a pas de moyens de justification

 

                2.Le combat intérieur de Don Elvire (entre le cœur et la raison)

Combat entre le cœur et la raisonàthème fréquent de grande tragédie classique.

D’un côté on a le fait qu’elle a tout compris ( raison, lucidité…) et de l’autre on voit qu’elle refuse de voir la vérité en face (cœur)

Raison

Auto-aveuglement

-champs lexical de la tromperie « trahison que tant d’apparence me confirmaient », « crime dont ma raison vous accusait » ; « justes soupçons » ; « cet abord ne me permet plus de douter »

àElle reprend (départ) les expressions de Dom Juan pour montrer qu’elle n’est pas dupe

« je refusais de croire » ; « pour me vouloir tromper moi-même » ; « travailler à démentir mes yeux et mon jugement » « j’ai cherché des raisons pour excuser votre relâchement d’amitié » :euphémismeà elle atténue un sentiment : la tromperie « j’en rejetais la voix qui vous rendait criminel à mes yeux » ; « j’écoutais avec plaisir mille chimères ridicules ».

 

 

 

II.Portrait d’un infidel.

                  1.Dom Juan, un être insensible et cruel.

D. Juan fait subir à Elvire une humiliation forte qui nous inspire d’ailleurs de la compassion pour elle. Elle demande qu’il la regarde ou « qu’il ne détourne pas la tête »la locution adverbial « au moins » suggère sa position d’infériorité, tout comme le verbe « daigner » qui place D. Juan en position de supériorité. D.Juan va essayer de se débarrasser le plus vite possible d’Elvire en la renvoyant vers Sganarelle. C’est encore une humiliation pour Elvire d’avoir un valet pour interlocuteur.

 

                  2.Le pouvoir de D.Juan sur les femmes

Elvire n’apparaît pas comme une sotte à sa manière de s’exprimer mais D.Juanannihile (=étouffer) toutes facultés de penser jusqu’à en devenir stupide : champs lexical de la sottise. Toutefois Elvire va annoncer la justification du châtiment final.